Interview LUCIE-VALID

Publié le 13 mars 2013 | par Noélie Viallet

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2 ✈ Lucie Tripon : 31 ans, writer à New York

Artistes, employés, créateurs d’entreprise, expat’…. ils vivent à New York et vous confient un peu de leur vie et de leurs bonnes adresses.

Qui es-tu, Lucie ? 

Je suis une jeune fille comme les autres ! J’ai 31 ans.

Depuis quand es-tu à New York, et qu’y fais-tu ?

Depuis 4 ans et demi. J’y vis et c’est déjà beaucoup. J’avais envie de vivre à New York. Maintenant je ne veux plus repartir.

Green Card, visa ou clandestine ?

J’ai écrit un sketch sur les immigrants clandestins qui s’appelle « Husband hold-up », c’est l’histoire d’une femme qui fait un hold-up dans un bar pour trouver un mari américain et obtenir une carte verte mais toute ressemblance entre fiction et réalité est purement fortuite ! J’ai un visa : un B2 cohabitating partner visa (c’est pour les couples non mariés).

Manhattan ou Brooklyn ?

Question piège, parce que ça bouge sans arrêt ! Aujourd’hui Brooklyn est considéré comme le nouveau Manhattan et Manhattan c’est bon pour les touristes, alors quoi demain : Queens ? Staten Island ? New Jersey ? Tout est possible.

Plutôt colloc ou loft ?

Personnellement, je vis dans un wagon, le genre « railroad apartment » avec une allée qui traverse plusieurs compartiments séparés par des fenêtres intérieures. Il y a aussi deux cheminées, des fenêtres guillotines, des escaliers de secours brinquebalants et un chat borgne. Il est situé à Yorkville dans Manhattan (East 87eme et 1ere Avenue).

Comment as-tu les moyens de vivre à New York ?

Je bosse. Je travaille actuellement comme writer dans le secteur des business law firms. C’est juste un gagne pain comme serveuse ou vendeuse ! Cela m’arrive aussi de bosser comme traductrice et correctrice, je touche un peu à tout car je bosse à mon compte.

Trouver ton logement à New York, bonheur ou galère ?

Ce n’est pas très difficile à condition d’éviter les agences immobilières qui sont un véritable piège ! Je venais juste d’arriver à New York. L’agent immobilier me présente un appartement. Il est sûr de son coup et me dit que cet appartement est fait pour moi. Je lui dis que je le trouve pas mal en effet mais que je ne suis pas encore tout à fait sûre de mon choix. Et là, il se met dans une colère terrible ! Il me traite de capitaine Achab qui passera sa vie entière à chasser sans succès Moby Dick et il s’en va sans dire un mot. Quelques jours plus tard, j’ai trouvé Moby Dick : un appartement beaucoup moins cher et beaucoup plus stylé avec de jolies briques polies.

Ta journée type à New York à quoi ressemble-t-elle ? 

Ecriture, sieste, écriture, etc.

Te sens-tu Française ou Américaine ? 

C’est une question de perspective. Française à New York, Américaine à Paris…

Se faire des amis dans la Big Apple, facile ou pas facile ?

Facile et pas facile. Pas facile, car beaucoup te claquent entre les doigts et sont un peu paranoïaques et très en retard mais une fois que tu sais ça, c’est facile ! Un seul conseil, rester cool et relax en toute circonstance et New York sera le meilleur endroit du monde. A New York, l’une des meilleures armes pour s’en sortir, c’est la méditation sinon tout ça vous explose à la figure et vous faites vos valises ou Dieu sait ce qui va vous arriver ! En tous cas, ce qu’il y a de génial à New York, c’est qu’on peut se frotter au monde entier. Je fréquente bien sûr quelques Français mais j’ai des amis de tous les recoins de la planète et ça, c’est la magie new-yorkaise, c’est unique.

Le truc bizarre que font les New-Yorkais…

Plein de trucs bizarres.  Les New Yorkais ne vont pas seulement à la gym, ils ont des gyms pour chiens ! Ils appellent « entrée » le plat de résistance au restaurant, et le rez-de-chaussée est déjà le premier étage, donc il y a cette sorte de décalage auquel il faut s’ajuster.

« C’est assez bizarre mais sur les quais du métro new-yorkais, on trouve des cabines téléphoniques. Il se  trouve que c’est l’un des endroits les moins appropriés pour avoir une discussion téléphonique à cause du bruit. Mais bon, si jamais vous devez passer un coup de fil en attendant le prochain train, c’est toujours possible ! »


Ta pire journée à New York ce fut quand… 

Je n’arrivais pas à rentrer chez moi, un peu comme dans ce film de Scorsese « After hours ». Je suis partie vers 14h downtown en vélo et je suis finalement rentrée vers 8h du matin le lendemain sans mon vélo. Il pleuvait des cordes. J’étais trempée des pieds à la tête. Il y a des fois comme ça, on n’arrive pas à rentrer à chez soi.

Raconte-nous !

Vers 19h, il se met un peu à pleuvoir. Je rejoins une amie dans un bar. On prend un verre puis je lui dis que j’y vais mais il pleut encore plus. Alors je me laisse entraîner dans un autre bar, je ressors et il pleut toujours. Alors je la suis, et on va manger dans un resto. Je ressors, il pleut toujours et encore plus fort alors je la suis dans une birthday party. Ensuite je veux partir mais il pleut et il pleut des cordes. Je suis déjà trempée. Je ne sais pas quoi faire et des gens de la birthday party nous parlent ; je les suis avec mon amie dans un club marocain où il passe du Khaled à plein tubes. On ressort la pluie tombe toujours aussi drue et on court se réfugier chez l’un d’entre eux dans Tribeca. On boit un verre dans le loft d’un des gars et on fait des glissades sur son sol en marbre puis je ressors. Et là il pleut toujours et toujours. Je suis épuisée, ça fait presque 20 heures que j’ai quitté mon appartement pour juste aller faire une balade downtown. Le jour s’est levé. Je décide d’abandonner mon vélo et de rentrer en métro. Je descends finalement à ma station et il ne pleut plus. Je suis trempée des pieds à la tête. Le soleil brille. Je vais me coucher. Il est 8 heures du matin.

Ton plat préféré à New York ?

La bouffe à New York est moyenne, c’est quand même assez cher pour ce que c’est. Je dirais : Numero 28, pizzas pas trop chères et vraiment pas mauvaises. Sinon, pour un budget plus élevé, Locanda Verde pour la top qualité à la De Niro (il est propriétaire du restau). Mes préférés sont les restaurants du quartier italien du Bronx, où le temps s’est arrêté.

Un coup de blues à New York, tu vas où ?

Washington Square Park, ça vous redonne instantanément la pêche. Vous y croiserez la faune sauvage et variée new yorkaise.

Un rendez-vous galant à New York, ton adresse ?

Silver Lining dans Tribeca, vous êtes sûrs de taper dans le mille.

Ton plaisir secret à New York ? 

Les hot-dogs de chaises électriques du Papaya King (www.papayaking.com) Aussi, les balades à vélo au crépuscule.

Tu joues aussi du théâtre. Où peut-on te voir en représentation à New York ? 

Yorkville Creperie dans Yorkville-Manhattan, le 20 mars et bientôt tous les mois. Sinon, de temps à autre, Whoa Wednesday à Williamsburg-Brooklyn.


Comment as-tu commencé à écrire et jouer du théâtre à New York ? 

Je faisais déjà du théâtre en France et à Londres. En arrivant à New York, j’ai mis une annonce sur Craigslist pour savoir si quelqu’un avait envie de faire du théâtre et Nadia Menco, une actrice et peintre colombienne, a répondu ! On s’est tout de suite bien entendues et on a commencé à improviser et à développer des textes. Après on a trouvé toujours sur Craigslist un endroit où jouer et de là, de bouche à oreille, on va jouer dans des théâtres ou bars de New York.

Beauty is not eternal sunshine (la beauté n’est pas un soleil éternel), est une pièce que j’ai co-écrite avec Nadia Menco, une sorte de satire de la course vers la jeunesse éternelle. Les gens à Manhattan sont obsédés par leur apparence ! Ils passent des heures à la gym en rentrant du travail, il y a même des affiches dans le métro pour des opérations de chirurgie esthétique réalisables à crédit. C’est le business de la jeunesse éternelle à tout prix. Alors on a fait un sketch sur la dictature de l’apparence, l’hypocrisie et l’absurdité d’une telle conception de l’existence et le déni du temps, de la vieillesse, de la mort et de la réalité du corps humain qui s’use, qu’on le veuille ou non.

> Vous pouvez voir une autre pièce de théâtre de Lucie Tripon et Nadia Menco sur le date, le rendez-vous amoureux à New York : Cliquez ICI.

Tu as aussi produit des livres. De quoi s’agit-il ?

J’ai co-écrit avec mon amie Nadia Menco un recueil de pièces de théâtre en Anglais sur New York et les Etats-Unis ! Ce sont des comédies noires, racontées du point de vue de deux immigrantes française et colombienne. Pour le commander sur Amazon : cliquez ICI.

J’ai aussi traduit en français un recueil de poèmes sur New York, avec une certaine influence indienne. Ce recueil a été écrit par mon ami musicien et poète Laurence Goldman. Ca s’appelle « New York Eternal Radio » et j’ai eu beaucoup de plaisir à travailler sur ce projet et je vous le recommande ! Les poèmes sont disponibles sur Amazon : cliquez ICI.

En exclusivité un passage de « Mud in motion » de Laurence Goldman que j’ai traduit en français :

« Je me suis réveillé ce matin

J’ai rêvé de boue.

Je me suis réveillé ce matin

J’ai rêvé de bouillasse.

Sa douce grâce,

Ses mouvements lents et las

Baignaient la terre de toute sa poisse. »

 

THANKS LUCIE TRIPON  NUMBER 2 !  ✈     ✈           ✈
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