7 poèmes pour célébrer New York : édition spéciale Printemps de la Poésie !

Livre

Publié le 15 mars 2016 par Anne Brouilhet

0

Jusqu’au 20 mars, Paris célèbre la poésie. Il ne nous en fallait pas plus pour faire, une fois encore, honneur à New York. En tout temps, de nombreux poètes ont déclaré leur flamme à la ville qui ne dort jamais : nous vous avons sélectionné quelques-uns des plus beaux vers rédigés sur notre ville aimée. New York, Muse et grande inspiratrice d’étonnantes images poétiques….! Une sélection réalisée par Anne Brouilhet. À répéter pour sentir New York dans son cœur…

1. 

Manhattan, ton visage admirable !
Camarades mes Américanos ! enfin voici que vers nous
vient l’Orient.

Jusqu’à nous ma cité,
Dans la beauté marbre fer, front s’affrontant s’alignant
Des deux côtés de la rue, dans l’intervalle des deux,
Aujourd’hui ont voyagé les Antipodes.

Une Parade dans Broadway (extrait)

Walt Whitman
Feuilles d’herbe, 1855

2.

Seigneur, l’aube a glissé froide comme un suaire
Et a mis tout à nu les gratte-ciel dans les airs.

Déjà un bruit immense retentit sur la ville.
Déjà les trains bondissent, grondent et défilent.

Les métropolitains roulent et tonnent sous terre
Les Ponts sont secoués par les chemins de fer.

La cité tremble. Des cris, du feu et des fumées,
Des sirènes à vapeur rauquent comme des huées.

Une foule enfiévrée par les sueurs de l’or
Se bouscule et s’engouffre dans de longs corridors.

Trouble, dans le fouillis empanaché des toits,
Le soleil, c’est votre Face souillée par les crachats.

New York

Blaise Cendrars
Du monde entier au cœur du monde, 1912

manhattan-skyline-at-night-wallpaper-4

3.

Personne ne dort dans le ciel, Personne, personne.
Personne ne dort. 

Mais si quelqu’un ferme les yeux,
fouettez-le, mes fils, fouettez les ! 

Qu’il y ait un panorama d’yeux ouverts
et de plaies amères enflammées. 

Personne ne dort.
Mais qui quelqu’un, la nuit, a trop de mousse aux tempes, 

Ouvrez les écoutilles afin qu’il voie sous la lune
Les fausses coupes, le poison et la tête de mort des théâtres. 

Ville sans sommeil (Nocturne de Brooklyn Bridge)

Federico Garcia Lorca
Poète à New York, 1929-1930

4.

Voici le temps des signes et des comptes 
New York ! or voici le temps de la manne et de l’ hysope. 
Il n’est que d’écouter les trombones de Dieu, ton cœur battre au rythme du sang ton sang.  

……..  

Harlem Harlem ! voici ce que j’ai vu Harlem Harlem !  
Une brise verte de blés sourdre des pavés labourés par les pieds nus de danseurs  Dans 

Croupes ondes de soie et seins de fers de lance, ballets  
de nénuphars et de masques fabuleux 

Aux pieds des chevaux de police, les mangues de  
l’amour rouler des maisons basses. 

Et j’ai vu le long des trottoirs, des ruisseaux de rhum blanc des ruisseaux de lait noir dans le brouillard  
bleu des cigares. 

J’ai vu le ciel neiger au soir des fleurs de coton et des ailes de séraphins et des panaches de sorciers. 
Écoute New York ! ô écoute ta voix mâle de cuivre ta voix vibrante de hautbois, l’angoisse bouchée de tes larmes tomber en gros caillots de sang 

Écoute au loin battre ton cœur nocturne, rythme et sang  
du tam-tam, tam-tam sang et tam-tam. 

A New-York

Léopold Segar Senghor
Ethiopiques, 1956  

patsys-kidsfight2-1986-copy-2

5. 

……. 

 je me relève alors 
fais du café et lis François Villon, sa vie si sombre 

New York paraît éblouissante et la cravate remonte la rue au vent 
J’aimerais qu’elle s’envole .  

……. 

Poèmes déjeuner

Frank 0’Hara
Poèmes déjeuner, 1964 

6. 

Harlem stride 
Harlem ride 
Jingle bells dream 

Je suis noir 

Je suis beau
Et je l’affirme  

Je te laisse à ton piano le soin de délivrer la rima
Le blues est notre alcool – le lent voyage de nos déprimes  

Harlem stride
Harlem ride
Jingle bells dream  

Je suis noir 

Je suis beau
Et je l’affirme  

J’allume une cigarette pour célébrer le chant du mime
Le blues est mon silence – le tombeau noir de mes abîmes 

Harlem stride ………… 

Harlem Stride 

Roland Brival
Nègre de Personne, 2016 

Jonathan in Harlem

Tags

Partager l'article

Commenter l'article