Charles-Edouard : directeur d’ONG, non voyant, participant au marathon de New York

Interview

Publié le 30 octobre 2015 par Sibylle Eschapasse

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Charles-Edouard Catherine habite à New York depuis 2012. C’est aussi à cette même période qu’il perd la vue et devient non-voyant. Il s’apprête à courir le marathon de New York pour lever des fonds pour la Fondation Surgeons of Hope dont il est le Directeur. Une initiative comme nous les aimons à PNYTV et une histoire tellement inspirante !

Charles-Edouard Catherine, vous êtes directeur de l’ONG Franco-américaine « Surgeons of Hope » (les chirurgiens de l’espoir) très active en Amérique Latine. Pourriez-vous vous présenter et nous décrire votre formation ?
Je suis Breton, j’ai grandi en France. J’ai fait Sciences Po, je me suis spécialisé dans les relations internationales. Je me suis expatrié à New York en 2012. Contrairement à ce que certains peuvent penser, je n’ai aucune formation médicale. J’ai d’abord travaillé dans les relations publiques et dans le journalisme, puis j’ai rejoint Surgeons of Hope en janvier 2014, une ONG qui se spécialise dans la chirurgie cardiaque pédiatrique en Amérique Latine.

Comment êtes-vous devenu directeur de cette ONG ?
Un peu par hasard. J’étais assez fatigué de travailler sans véritable but, j’avais besoin de m’engager. Je côtoyais alors beaucoup la communauté française new-yorkaise, et j’ai entendu parler de cette Fondation. Le directeur sortant était sur le point de prendre sa retraite, j’ai candidaté, passé les différents entretiens et décroché le job ! Ça a changé ma vie.

Charles in the street

Pourquoi allez-vous courir le marathon de New York ?
Bonne question, je pense que c’était un but que je m’étais fixé peu après avoir perdu la vue. Le marathon c’est le plus beau jour de l’année à New York. J’adore rester dehors dans le froid, à encourager ces milliers de coureurs. Ils me disent que rien n’est impossible. La ville entière vibre. J’ai perdu la vue en 2012, j’ai commencé à courir en 2014. Ensuite, tout est allé très vite.

« Le marathon, c’est le plus beau jour de l’année à New York. Après avoir perdu la vue, je me suis fixé comme but de le courir. »

Qu’est-ce qui est le plus difficile pour un marathonien non-voyant ?
Comme pour tout le monde, terminer la course ! J’ai la chance d’avoir de très bons guides, je peux me concentrer pleinement sur mon effort.

running through tape

Comment est-ce que cela fonctionne ?
J’ai un harnais autour de la taille, je me fie aux instructions de mon guide. Deux autres guides ouvrent la route, ils préviennent les autres coureurs et me donnent le rythme. En plus, ils sont dispo si jamais mon guide principal n’est pas dans un bon jour.

Comment avez-vous rencontré ces guides ?
Je suis membre d’un club qui se spécialise dans la mise en relation de guides et de personnes handicapées. Ce club s’appelle Achilles International. On s’entraine dans Central Park. Dans ma préparation pour le marathon, j’ai fait environ 750 kilomètres, ça fait beaucoup de tours dans le Parc ! Si vos lecteurs veulent en savoir plus, je les invite à aller sur mon blog : www.charlesruns.nyc

Est-ce que cette préparation a eu un effet sur votre vie professionnelle ?
Absolument, je vois les choses différemment. Il faut beaucoup de détermination et de patience pour se préparer pour un premier marathon. J’ai dû faire face à de nouveaux problèmes, blessures, progression lente et pénible, découragement, mais je n’ai pas abandonné. Je suis en plus très heureux de pouvoir lever des fonds pour mon ONG via cette course.
https://fundly.com/nyc-marathon-2015

Runners make their way through Queens during the 2011 ING New York City Marathon in New York November 6, 2011.  The 26.2 mile marathon courses through the five bouroughs of New York  City and is one of the largest in the world. AFP PHOTO / TIMOTHY A.CLARY (Photo credit should read TIMOTHY A. CLARY/AFP/Getty Images)

EN SAVOIR + SUR SURGEONS OF HOPE ! 
Surgeons of Hope est une ONG qui se spécialise dans la chirurgie cardiaque pédiatrique en Amérique Latine. On se spécialise dans la prévention et le traitement des malformations cardiaques chez l’enfant. Notre but est de « laisser quelque chose derrière nous », c’est-à-dire de constituer, entrainer et soutenir des équipes médicales locales afin que ces médecins traitent leurs patients de façon autonome, ce qui prend généralement 8 à 10 ans. En plus de cela, nous envoyons du matériel et des équipes médicales, nous construisons des infrastructures. Nous achevons notre premier projet d’envergure à Managua (l’hôpital de la Mascota). En 2014 nous avons fait plus de 10 000 consultations, ainsi que 80 opérations à cœur ouvert, dont 50% par des équipes locales en parfaite autonomie. En 2015 nous espérons opérer plus de 100 enfants. Nous y formons des médecins de haut niveau, et nous développons un programme de télémédecine.
http://surgeonsofhope.org

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