Jeremyville : il vit à Big Apple et bosse pour Monoprix

Google
Non classé

Publié le 05 août 2017 par alexandre broutart

0

Les t-shirt aux fresques décalées de Jeremyville ne vous sont peut-être pas étrangers. Sa récente collaboration avec les supermarchés Monoprix, un an après son passage remarqué chez Colette, son indécrottable attachement indéniable au quartier du Marais à Paris, nous a donné envie de tenter une approche. Enthousiaste, l’Australien a répondu positivement à Paris-NewYork Tv. 

So the first topic is about your recent work with the french Monoprix’s emojis… What sounded good for you in doing this work with a french supermarket ? Any Wharol reminiscence or something ?

Vous avez réalisé des emojis pour Monoprix. Qu’est-ce qui vous a plu dans le fait de travailler pour une chaîne de supermarché française ? Une réminiscence de Wharol ?

Une grande partie de mon travail consiste à m’emparer des codes de la communication de masse et du monde de la publicité, et de les subvertir. J’utilise ces codes pour transmettre mes propres concepts du changement et de l’évolution personnelle. Dans le cas des emojis Monoprix et des posters de rue, le cas consistait plus à travailler pour une grosse marque pour diffuser mon art autour du monde. Il s’agissait plus d’une commande que d’un projet artistique, mais cela répondait à mon désir de travailler avec des grandes entreprises et les images de la communication de masse et du consumérisme.

A lot of my art concerns itself with taking the rules of mass communication and advertising, and subverting them, and using these tools to instead transmit my own concepts of inner change and personal growth. In this case with the Monoprix emojis and street posters though, it was more a case of working with a big brand and company to help spread my art around the world. It was more of a commission that an art project, but it still played into my desire to work with very big companies and images of mass communication and consumerism.

What did they ask you exactly ?  Were you supposed to find the play on words as well ? What was your inspiration disigning that ?
Quelle a été la commande exactement ? Étiez-vous supposé trouver même les jeux de mot ? Quelle a été votre inspiration ?

Je voulais continuer dans la lignée de l’esthétique instaurée par Monoprix, mais lui ajouter une atmosphère Jeremyville.
I wanted to continue with the aesthetic already set by Monoprix instore, but add a Jeremyville atmosphere to it.

And in general, where your inspiration comes from ? And what are your influences ? Tintin, Disney, smurfs ?
De manière plus générale, où puisez-vous votre inspiration ? Quelles sont vos influences : Tintin, Disney, les Schtroumphs ?

Oui ! Toutes celles là, ainsi que les grandes marques, le consumérisme, détourner les codes de la pub, donner un autre but aux mécanismes et aux outils de la communication de masse, comme nous l’avons fait avec notre sculpture tante Jethro 
Yes! all of those, and big brands, consumerism, subverting the rules of advertising, repurposing all the mechanisms and tools of mass communication, such as our giant sculpture Jethro, that takes a consumer product such as our inflatable, and making that into a giant public art replica in fiberglass.

One of the central themes of my art practice is to co-opt the tools of mass communication that are traditionally utilised by entertainment conglomerates & giant corporations to infiltrate our lives (licensing, sponsorship, corporate

collaboration, advertising). My aim is to then harness and subvert the power of these mediums to convey messages of positivity, surrealism, poetry, abstract thinking, & contemplation. To also suggest that playfulness, fun and a sense of humor is never the reserve of only children, but a way for us all to process and navigate this thing called life, at any age.

The ‘Jethro’ public sculpture is the newest incarnation from this series, and he’s based on the CSA message ‘Walk Happy’. This figure is a part of the large public sculpture series I have taken around the world as my form of street art and community dialog.  (Shanghai, Chengdu, Bangkok, Paris, and Art Basel Miami.

To me these large public sculptures are modern totems that recall our innate sense of freedom, self expression and playfulness that we all once had as children, and that most of us have forgotten in our adulthood. To me, fun and a sense of humour is serious business, and it has the power and ability to change the world. It can reinstate that connection to our imagination, our bravery, lateral thinking, and to that magical feeling that anything in our life is possible.

Do you listen to music while working ? If yes, which kind ?

Yes! mostly singer songwriters, as I feel that’s the most real and intimate form of musical expression.

Also i don’t really get the concept behind the name Jeremyville, could you explain ?

Jeremyville is an endless landscape within my imagination. I walk the streets, observe and draw the characters that I pass by, draw the buildings, paste up on the walls, walk into a theatre and watch some animation. Go into a store and buy some products I’ve designed. then I head to the art gallery and view my latest exhibition. It’s not just a world I’ve created, it’s truly a manifestation of who I am. It is me, seen as a city, a place. Come and visit sometime. Everyone’s welcome.

My aim is to blur as much as possible, the boundaries between my art, and who I am. I want to become my art. And Jeremyville is the only place where I truly feel at home. New York City comes a very close 2nd.

ABout your life in NYC now, why have you chosen this city as your backyard ?  What are your favorite places there (leting our readers know about the new cool places there is also our aim..) ?

I’m in Brooklyn, which is a borough of New York City. The area I’m in is called Bed Stuy, and there are lots of great restaurants and bars that have opened up. It’s a very changing and progressive area of Brooklyn with a rich cultural history. Restaurants like Saraghina, Antagoniste, Chez Oscar, Casablanca Bar, Bar Lunatico, Speedy Romeo Pizza, Eugene and Co, lots of amazing places.

What about Paris ? Any cpecific places you loved ? Where you surprised by the french people behavior while working with them ?

I love Le Marais, and any international and cosmopolitan areas of Paris, as well as the traditionally French restaurants of course. I usually stay in Le Marais, and I’ve done several projects with colette on Rue St Honoré … the owner Sarah is a powerful creative force and visionary, and it’s been my honor to work with her.

 

Qui est Jeremy ?

« Jeremyville est un lieu infini de mon imaginaire. Ce n’est pas juste un monde que j’ai créé, où je me balade en observateur, c’est aussi une manifestation de qui je suis. C’est moi, mais vu comme une ville. Venez visiter quand vous aurez le temps, tout le monde est le bienvenu ! »

Pour comprendre d’où vient l’extra-terrestre du graphisme, il faut repartir en Australie, où, en tant qu’étudiant en architecture, Jeremy publie ses premiers dessins pour le Sydney Morning Herald. Son style, subtile mélange de candeur et d’esprit critique, avec ses personnages de cartoon qui se bousculent dans tous les sens, est très facilement identifiable. Une « patte » qui le propulse rapidement à New-York où il crée son propre studio ainsi que sa marque « Jeremyville ». Son site, où l’on peut commander des t-shirt arborant ses dessins, est un succès commercial, et l’amène à travailler avec de grandes marques comme Converse ou Swatch.

Cette année vous pourrez même apprécier son humour via la nouvelle série d’émojis téléchargeables lancés par la marque Monoprix. Pour cette collaboration, l’idée était de créer des jeux de mots avec le nom des produits alimentaires les plus utilisés. Ce détournement d’images de la grande consommation a très clairement une saveur particulière pour l’artiste, qui s’en amuse :

« Une grande partie de mon travail consiste à reprendre les codes de la communication de masse et de la publicité, pour les subvertir et y insérer ma vision de l’individu, capable de se changer et de grandir par lui-même. »

« Mon art consiste avant tout à brouiller les pistes entre mon travail et ce que je suis. Et Jeremyville est le seul endroit dans lequel je me sens vraiment chez moi. New-York arrive à la seconde place, mais très près. »

Justement, pourquoi avoir choisi cette ville pour faire naître votre studio ?

« Peut-être parce que j’habite à Brooklyn, dans un coin qu’on appelle « Bed Stuy » (Bedford-Stuyvesant). C’est un endroit en pleine mutation et plutôt progressiste, avec un arrière-plan historique et culturel très riche. Il y a plein d’endroits et de resto géniaux là-bas, comme Saraghina, Antagoniste, Chez Oscar, Casablanca Bar, Bar Lunatico, Speedy Romeo Pizza, Eugene and Co… »

On vous voit de plus en plus souvent à Paris…

« J’adore le Marais. C’est là-bas que je m’installe quand je viens à Paris. Et puis j’ai participé à plusieurs projets avec le magasin Colette rue St Honoré. La propriétaire, Sarah, est une véritable force créative et visionnaire. Ce fut un véritable honneur de travailler avec elle. »

 

Quelle type de musique vous inspire ?

« J’adore les chanteurs-compositeurs. C’est pour moi la forme de musique la plus vraie et la plus intime. »

 

Vous avez fait un certain nombre de grandes sculptures publiques (Shanghai, Chengdu, Bangkok, Paris, and Art Basel Miami), dont une série appelée « walk happy »… Pourquoi ce passage du rêve à la réalité ?

« Pour moi ces sculptures publiques sont des totems modernes qui nous rappellent notre sens profond de la liberté, un certain sens du jeu et l’envie de s’amuser que nous avions étant enfants… Pour moi, la joie et l’humour sont une affaire très sérieuse, qui a peut-être le pouvoir de changer le monde. Ils peuvent nous reconnecter à notre imagination qui est notre réelle bravoure, à notre « pensée latérale » également, et à ce sentiment magique que tout peut être possible dans notre vie. »

Tags

Partager l'article

Commenter l'article