The Kale project : en 2013 qui veut se mettre au chou ? Comme les New-Yorkais !

Food

Publié le 22 janvier 2013 par Noélie Viallet

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Ding, dong ! 2013 ! C’est la nouvelle année et avec elle, son lot de tendances en devenir. À Paris, il y a fort à parier qu’en 2013, vous allez manger et boire vert. Pour peu que vous soyiez porté sur la nourriture saine, que vous n’être pas contre la détox, et que vous faites confiance aux New-Yorkaises, vous avez peut-être entendu parler du kale (prononcer “kayle”). Ce chou frisé, très consommé par New-Yorkais débarque à Paris grâce à Kristen Beddard, une Américaine exilée. On vous explique tout !

 “Savez-vous planter les chous, à la mode de chez nous ?!” C’est la question qu’a posé Kristen Beddard, New-Yorkaise d’adoption arrivée il y a un an à Paris. Du chou frisé, du kale à Paris ? Non ! Les Français lui ont répondu par la négative, les yeux eberlués. Qu’allait faire Kristen sans kale, my gosh ?! Impossible de vivre, et de se nourrir ! Alors Kristen Beddard a retroussé ses manches, et allée voir des producteurs du coin et leur a demandé  : “Pourriez-vous planter du chou, à la mode de chez nous ?”. Ce challenge, elle l’a appelé The Kale project. L’idée : introduire en France une culture et une consommation du kale, le chou frisé, comme à New York ! Deux fermes d’Ile de France l’ont suivie et ont dit : ok pour le chou frisé. Véritable mode de vie sain, le « kale way of life » fait partie du quotidien de la Big Apple :  mères de familles de l’Upper West, top models du Lower Manhattan ou hipsters de Williamsburg l’avalent en plat cuisiné ou mixé en jus, pour ses propriétés anti-oxydantes, et sa forte concentration en calcium et en vitamines Le kale fut même un des secrets forme de Gwyneth Paltrow dans sa préparation pour Iron Man 2 !  À Paris New York TV, on aime prendre un kale juice chez Pause Café à New York, 3 Clinton Street : 3,50 $, mixé avec des fruits.  Alors pourquoi ne pas vous y mettre ? À Paris, grâce à Kristen Beddard vous pouvez goûter des chips au kale, inviter le kale dans vos gratins ou vos potages -des recettes sont disponible sur le site de The Kale project. La très célèbre blogueuse new-yorkaise Leandra Medine a déclaré le kale “it-food” de 2013. Alors vous savez ce qu’il vous reste à faire : go green, go kale !

Où trouver du kale à Paris :  Chez Joël Thiébault, à l’épicerie Terroirs d’Avenir, dans les antennes La Ruche qui dit Oui ! et au restaurant Bob’s KitchenThe Kale Project thekaleproject.com  et Facebook The Kale’s project   © Photo www.lostincheeseland.com

BONUS ! Kristen Beddard, fondatrice du Kale Project, a répondu à nos questions. 

1. Tell us more about yourself Kristen… //Qui es-tu Kristen ?

 Kristen Beddard  : I’m 28, from Pittsburgh, Pennsylvania but lived in New York for five years. I was an account manager in the advertising industry. My mother is vegetarian and I was raised that way and have been eating kale for as long as I can remember. My husband’s job moved us here in September 2011 for a five-year placement. I moved here without any knowledge of the French language and have been taking lessons – although I find learning the language quite difficult! We don’t have any kids but hope to start a happy kale-eating family soon.

Kristen Beddard  : J’ai 28 ans, je viens de Pittsburgh en Pennsylvanie, mais j’ai vécu 5 ans à New York. J’étais responsable comptabilité dans la pub. Ma mère est végétarienne, j’ai grandi dans cet univers et je mange du kale depuis toujours. Avec mon mari, nous avons déménagé à Paris en septembre 2011, pour une durée de 5 ans. Je suis arrivée à Paris sans rien connaître à la langue française. J’ai pris des cours, mais je trouve ça assez difficile ! Nous n’avons pas encore d’enfants mais espérons bientôt fonder une heureuse famille mangeuse de kale. 

 2. What do New Yorkers think of kale? How and when do they eat it?  //Qu’est-ce que le kale pour les New-Yorkais ? Comment le consomment-ils et à quelle fréquence ?

Kristen Beddard  : Kale to New Yorkers is anything and everything…and everywhere.  But it was not always this way. Until recently, kale in America, even New York, was a garnish or plates or salad bars and was only eating by vegan, hippie, granola types. People did not actually eat kale unless they truly led a more plant-based lifestyle (as my mother does). The reason being that kale cleanses the blood and healthy blood is a healthy you. Towards the end of the last decade, detoxing was the new food trend for health and losing weight. People would do juice cleanses to lose weight or just to « cleanse » and rid their bodies of toxins (because New Yorkers have stressful, 24/7 lives and they also like to drink a lot too), so there are toxins to get rid of!  Since juices were becoming more of a trend, kale was something that became an integral part of juicing. Originally you would have to go to a health food store or co-op (Life Thyme in the West Village or Westerly Market in midtown West or the Park Slope Food Co-Op) to find juices. Then boutiques like Organic Avenue and Juice Press capitalized on the trend and opened their own shops that were the exact opposite of a traditional food co-op. The lights are bright, there is snazzy marketing and expensive prices to go with it. Juicing had become cool and mainstream. It is to the point where it’s weird (at least for women) to not have some sort of juice throughout the week – even if they’re not doing a cleanse. At the same time kale started to show up on restaurant menus. There is a great macrobiotic restaurant called Souen, that’s had kale on their menu for decades, but all of a sudden kale appeared as a raw kale salad or a sautéed side dish at places like Northern Spy, Back Forty, ABC Kitchen, One Hundred Acres, to name a few. Now it’s odd if you go to a restaurant and don’t see kale on the menu. You can get kale in a to-go salad, kale at any grocery store, kale as chips, baby kale, kale cut up and pre-washed in bags. It’s everywhere. My favorite place to eat kale is Northern Spy in Alphabet City. They have a fantastic but simple raw salad that never disappoints and really were one of the pioneers for raw kale salads in New York. When I lived in NY, I didn’t eat kale every day but would try to eat it 2-3x per week.

Kristen Beddard  : Pour les New Yorkais, le kale, c’est à la fois tout et rien, on le trouve partout. Mais cela n’a pas toujours été le cas ! Jusqu’à récemment, aux États-Unis, le kale était servi en garniture pour décorer les assiettes ou dans les bars à salade. C’étaient les hippies et les végétariens qui en mangeaient. Les gens ne consommaient pas tellement de kale, à moins qu’ils aient un mode de vie à base de plantes (c’était le cas de ma mère). Le kale « nettoie » le sang, et si votre sang va bien, c’est vous qui serez en bonne santé !
À la fin de la dernière décennie, la tendance food était à la « détox » pour la santé, et pour mincir. Les gens se sont alors mis à faire des cures de jus, pour perdre du poids, ou pour nettoyer leur organisme, le purifier des toxines. Les New-Yorkais ont une vie stressante non-stop, et aiment aussi beaucoup boire de l’alcool : alors il y en a des toxines à évacuer ! Comme le jus de kale est devenu plus qu’une tendance, le kale est devenu part intégrante de cet art des jus à boire. Au départ, il fallait aller dans des magasins spécialisés pour trouver des jus : Life Thyme dans le West Village, Westerly Market  Midtown West, ou la Park Slope Food Cop. Puis des boutiques comme Organic Avenue et Juice Press se sont emparées de la tendance et ont ouvert leurs propres magasins, l’exact opposé des coopératives traditionnelles : lumières aveuglantes, marketing efficace et les prix qui vont avec. Les jus sont devenus cools et mainstream. Boire des jus est même devenu un rituel dans le mode du vie de la femme américaine, même si elle ne fait pas spécialement un régime détox. Au même moment, le kale a commencé à apparaître au menu des restaurants. Un super resto macrobiotique comme Souen, servait du kale depuis des dizaines d’années. Tout d’un coup, il a débarqué en salade, cru, ou sauté, en accompagnement, dans des restaurants comme Northern Spy, Back Forty, ABC Kitchen, Hundred Acres pour en citer seulement quelques uns.
Aujourd’hui, il serait bizarre de ne pas trouver de kale au menu d’un restaurant ! Vous pouvez avoir du kale dans une salade à emporter, dans n’importe quelle épicerie, du kale en chips, du bébé kale, du kale préparé en sachets. Il y en a partout. Mon endroit préféré pour manger du kale à New York, c’est Northern Spy, à Alphabet City. Ils ont une simple salade de chou cru qui est fantastique ; ce sont des pionniers de la salade crue de kale à New York. À New York, je ne mangeais pas du kale tous les jours, mais essayais d’en manger deux-trois fois par semaine.

 3. Why did you launch The Kale Project? //Pourquoi avoir lancé The Kale’s Project ?

 Kristen Beddard : Right after we moved here, I noticed that kale was nowhere to be found. At first I thought that I was looking in the wrong places but the more farmers & restaurants I asked and showed photos to, the more I realized most people had no idea what it was and that it was difficult to find. I did more online research and saw message boards of other expats begging for someone to tell them where they could find kale. I also knew that kale exists in England, Italy, Germany, etc. so was perplexed as to why a simple cabbage was not grown here. I didn’t expect it to be « trendy » here but that I would be able to at least find it. Since I was not able to easily find work in advertising, I decided that instead of complaining about the lack of kale, that I would launch The Kale Project and try to re-introduce kale to France. I wanted to work with a few local producers to convince them to grow it and then see if any restaurants would maybe want to use it all while building interest and a movement using only digital tactics.

 Kristen Beddard : En arrivant ici, à Paris, je me suis rendu compte qu’on ne pouvait trouver du « kale » nulle part ! Au départ j’ai cru que je cherchais aux mauvais endroits, mais plus je demandais à des cultivateurs et des restaurateurs, en leur montrant des photos du chou frisé, plus je me suis rendu compte que la plupart des gens n’avaient aucune idée de ce légume, et qu’il était difficile à trouver. J’ai fait plus de recherches en ligne et ai vu des messages postés par d’autres expats’ suppliant qu’on leur dise où on peut bien trouver du kale à Paris. Je savais qu’on pouvait trouver du kale en Angleterre, en Italie, en Allemagne… donc j’étais perplexe  : pourquoi un simple chou ne pousse pas en France ? Je ne cherchais pas spécialement à être « trendy », je cherchais juste à en trouver. Comme il était difficile pour moi de trouver du travail dans la pub, j’ai décidé qu’au lieu de me plaindre de l’absence de kale, j’allais lancer The Kale Project et essayer de ré-introduire le kale en France. 

 4. What is the main goal of the Project? Do you import kale from the US or do you convince people to grow it in France? // Quel est le principal but de The Kale Project ? Importes-tu du chou des États-Unis ou réussis-tu à convaincre les Français d’en faire pousser ici ?

Kristen Beddard : The goal of the project is still to re-introduce kale to France. This initial concept was and still is to create supply by working with farmers and then create demand with a community of people who would want to buy and with restaurants that would want to incorporate into menus. In France, kale is an heirloom vegetable and it’s actually so forgotten that most people, including farmers, have no idea what it is. So to re-introduce kale to the French would basically be starting from scratch. An important point is that I have given people a reason and a place to talk about ‘kale in Paris/France.’ Farmers have grown it before but the people that wanted it would know where or when and most people that stumbled upon did not know what it was, so they would not buy it. So the kale would not sell and the farmer had no reason to grow it again. Now people – mainly expats – have a place where they can express their excitement over the first bunch of kale they bought or tell other kale-lovers how it was prepared.

Kristen Beddard : Le but du projet est de réintroduire le chou frisé en France. Je souhaitais travailler avec des producteurs locaux, pour les convaincre d’en cultiver et ensuite voir si certains restaurants ne pourraient pas l’utiliser dans leur cuisine, tout en impulsant un intérêt et un mouvement pour ce légume, en utilisant uniquement des stratégies digitales. En France le chou frisé est un vieux légume si oublié que la plupart des gens, les agriculteurs y compris n’ont aucune idée de ce que c’est. Ce qui est important c’est que j’ai créé un endroit pour parler du chou à Paris. Les agriculteurs en faisaient pousser autrefois. Mais la plupart des gens qui tombaient  sur du kale ne savaient pas ce que c’était, donc ils n’en achetaient pas. Il n’y avait donc aucune raison pour que les agriculteurs continuent à en faire pousser. Désormais, les gens – pour la plupart des expatriés- disposent d’un endroit où ils peuvent exprimer leur excitation quand ils ont acheté leurs premières branches de kale à Paris, ou dire au autres amoureux du kale comment ils l’ont cuisiné.

5. What can you do with kale? What is a favorite recipe?  //Comment cuisiner le kale ? Quelle est ta recette préférée ?

Kristen Beddard : You can do so much with kale and the options are endless. Since kale is an alkaline food, the flavor is very basic and versatile. You can steam, sautée, use in soups, gratin, juice, smoothies, chips or raw salads. My favorite recipe is a simple raw salad with olive oil, lemon juice, radish and cherry tomatoes. The Kale Project website has a lot of recipes and more are added each week.

Kristen Beddard : Vous pouvez faire plein de choses avec du kale, les possibilités sont infinies ! Comme c’est un aliment alcalin, le goût est très simple et polyvalent.Vous pouvez le cuisiner à la vapeur, sauté, l’utiliser dans les soupes, le gratin, les jus, les smoothies, faire des chips, ou de la salade cru. Ma recette préférée, c’est la salade crue de kale avec de l’huile d’olive, du jus de citron, du radis et des tomates cerises. Le site de The Kale Project propose beaucoup de recettes, j’en ajoute chaque semaine. 

6. Is there a place in Paris to have kale juice? //Ya-t-il une adresse à Paris ou on peut boire du « kale juice » ?

Kristen Beddard : Right now I know that Bob’s Kitchen is using kale in their green juice cocktail. The restaurant scene is slow to pick up on the trend but that’s also because kale is still not easy to find for larger distribution. Don’t worry though, things will be picking up soon I’m sure.

Kristen Beddard : À l’heure actuelle, je sais que Bob’s Kitchen utilise du kale dans son cocktail vert. Les restaurateurs mettent du temps à se saisir de cette tendance, mais c’est aussi parce qu’il est encore difficile d’en trouver pour une large distribution. Cependant ne vous inquiétez pas le mouvement va prendre, j’en suis sûre

7. Tell us why you think kale is so great ? // Pour terminer, pourquoi nous conseilles-tu de manger du kale ?

Kristen Beddard :  Kale is one of the healthiest vegetables you can eat. It is high in fiber, calcium, iron, vitamins and antioxidants.  When I eat kale I feel healthy and rejuvenated.  Kale brings me back to my center, always.

Kristen Beddard : Le kale est l’un des légumes les meilleurs pour la santé que vous pouvez manger. Il a une haute teneur en fibres, vitamines et antioxydants. Quand je mange du chou frisé, je me sens en bonne santé et rajeunie. Le kale me recentre, toujours. 

Merci infiniment à Kristen Beddard d’avoir répondu à nos questions. Propos recueillis par N. Viallet.

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