Personne ne disparaît : le premier réussi roman de la New-Yorkaise Catherine Lacey – NOUVEAUTÉ !

Livre

Publié le 29 mars 2016 par Anne Brouilhet

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Chaque semaine, la libraire Anne Brouilhet met en lumière un roman se déroulant à New York. Paru depuis le 3 février dernier, le très original et réussi premier roman de la jeune auteur new-yorkaise Catherine Lacey va vous surprendre ! Avec ce roman parfaitement traduit en français par Myriam Anderson, le succès hexagonal devrait être une formalité. L’histoire ? Une jeune femme de 30 ans plaque New York pour la Nouvelle Zélande.

Qui est Catherine Lacey ?

Encore méconnue en France, Catherine Lacey a fait son trou de l’autre côté de l’Atlantique. A New York, elle a acquis un début de renommée en publiant de la fiction et de la non-fiction dans de nombreuses revues littéraires dynamiques et créatives qui permettent à de jeunes écrivains de faire leurs premiers pas tout en explorant des voies nouvelles. A tout juste trente ans, la jeune new-yorkaise, qui vit à Brooklyn, nous dévoile un premier roman aussi surprenant que réussi sur fond de questionnement humain.

Que raconte « Personne ne disparaît » ? 

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Sous forme d’un dialogue intérieur subtil, délicat, vif et drôle, malgré la teinte mélancolique qui aquarellise l’ensemble, la narratrice, Elyria, part à la quête d’elle même. Le lecteur la suit pas à pas, haletant et parfois inquiet. Les déambulations paradoxales de son âme nostalgique la projettent dans les profondeurs opaques de ses ressentiments.

Elyria décide de tout quitter : la ville, son mari, sa mère et une histoire dans laquelle elle ne se retrouve plus. L’ordonnancement mathématique, géométrique, urbain et intime de son quotidien bride son désir de liberté et trouble sa vision des événements. Qu’est t-il arrivé à Ruby ?… Qui était Ruby ?

Billets en poche, elle s’envole pour la Nouvelle-Zélande où elle espère trouver refuge dans une chambre d’ami, au sein de la maison d’un homme rencontré un soir à New York et, enfin, au bout de l’île du Nord, disparaître….

Là, elle entame un long périple sur des routes perméables aux rencontres dans des espaces découverts. Entre évidence et inconscience, réalité et onirisme, Elyria promène son corps en friche et la constance de sa conscience à rechercher une inconsistante existence, un chemin de vie possible. De fait, elle fuit une souffrance enfouie qui refuse de se questionner… Peut- on se perdre ? Peut- on s’évaporer ? Échapper à soi-même ?

Pourquoi lire le roman ?

Pour découvrir un nouvel auteur
Un style original, et surtout très inventif : une manière d’assembler les mots qui surprend plus d’une fois… Le lecteur prend plaisir à suspendre son regard sur la page, à ralentir l’allure, arrêter le temps, relire… percevoir les ondes qui se propagent, les échos qui retentissent. Quelle élégance et belle générosité d’offrir un interstice où se glisser pour penser, réfléchir et ressentir… Pour ceux et celles qui apprécient Virginia Woolf, ils retrouveront avec plaisir une proximité, l’ombre vaporeuse et discrète de la Grande dame.

► Pour mieux percevoir New York
La Grosse Pomme est quasiment inexistante. Mais sa présence est sublimée, perceptible à chaque détour de la fuite en avant d’Elyria, dans son désir métaphorique de déconstruction, de destruction et de disparition. Le bel agencement tout en perpendiculaires de la cité s’ajuste aux aspirations mathématiques de Charles, le mari et suscite à la fuyarde de belles métaphores qu’elle disperse dans le décor contraire des paysages et des territoires néo-zélandais.

Pour comprendre que partir ne résout pas tout
Ça n’est pas au bout du Monde que l’on se perd pour se retrouver, c’est sur le chemin de Brooklyn dans le tremblement d’une main qui sert un café.

Coup de chapeau à la traductrice, Myriam Anderson, sans qui nous ne pourrions accéder avec tant de précision et de justesse à la prose étonnamment légère et brillante de Catherine Lacey. Elle permet à ce pertinent roman le voyage New York- Paris qui devrait l’acheminer vers de nombreux lecteurs.

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